La fatigue, qu’il s’agisse d’une fatigue organique directement liée à la maladie, ou qu’elle découle d’une fatigue psychologique liée à des symptômes dépressifs ou anxieux, est une plainte récurrente et un réel problème pour un grand nombre de personnes souffrant de maladie chronique.

Dans le cas des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin par exemple, les études relèvent que ce sentiment de fatigue touche jusqu’à 80% des patients lors des poussées inflammatoires, et que cette fatigue peut même persister lors des phases de rémission.

Bien entendu, si votre fatigue se révèle être un obstacle pour vous au quotidien, votre première tâche est d’en déterminer la raison (s’agit-il d’un manque de repos ? d’un effet de la maladie elle-même ? d’une alimentation inadaptée à votre situation ? de stress, d’émotions difficiles ou d’une dépression causant une fatigue importante, ou encore d’effets secondaires liés à votre traitement médicamenteux ou à des carences ?)

Voici 3 conseils issus de l’ayurvéda pour mieux gérer la fatigue liée à l’hygiène de vie.

1. Choisissez une alimentation nourrissante, mais digeste

Lorsque votre corps est occupé à se guérir, toute activité (y compris la digestion), nécessite un plus grand effort. D’un point de vue ayurvédique, lorsque le feu digestif (agni) est bas, la digestion est lente, difficile, et demande beaucoup d’énergie, entrainant fatigue et léthargie.
Ainsi si votre capacité digestive est faible, une alimentation inadéquate peut engendrer un surcroit de fatigue, un malaise, de la lourdeur, parfois même favoriser la survenue d’humeurs dépressives.

Par ailleurs, lorsque le feu digestif est déficient, le corps, les cellules, et les tissus ne sont pas alimentés correctement, les nutriments sont moins bien assimilés et naturellement le niveau d’énergie est plus bas.

Veiller à vous nourrir de façon saine et équilibrée est un moyen simple de diminuer votre niveau de fatigue. La prise de nourriture devrait être régulée par agni, le feu digestif du corps. Un des points forts de la nutrition ayurvédique réside dans sa capacité à voir plus loin que la traditionnelle pyramide alimentaire, pour tenir compte du profil, de la situation, et de la capacité digestive de chaque individu.

2. Évitez de faire la sieste après manger

Le besoin de dormir après le repas est un signe clair de votre corps, qui indique que votre alimentation n’est pas adaptée à votre état ce jour-là, et/ou que votre feu digestif est faible et qu’il nécessite une attention particulière. La tentation est alors grande de faire une sieste pour se reposer, mais en réalité cette habitude favorise reflux gastriques, brûlures d’estomac, et freine la digestion : en position allongée, les aliments peinent à descendre dans les intestins. Ce bouleversement de la fonction digestive suffit à engendrer de la fatigue, mais aussi la production de toxines qui participent à l’aggravation de vos troubles de santé.

Aussi, si vous ne pouvez réprimer votre besoin de dormir après le repas, il est préférable d’attendre deux heures avant de vous allonger afin de permettre aux premières étapes de la digestion de s’effectuer ou, si vous ne pouvez résister au sommeil, de garder la position assise durant une sieste n’excédant pas une vingtaine de minutes.

3. Calquez l’heure de votre coucher sur le cycle du jour et sur les rythmes naturels du corps

Une chose est importante dans l’hygiène de vie ayurvédique, c’est la notion de temporalité : il y a un temps optimal pour chaque activité. Selon l’Ayurvéda, le fondement de la santé de l’être humain repose sur l’équilibre des énergies vitales : les trois doshas, qui contrôlent le corps. Ces humeurs corporelles en perpétuel mouvement sont reliées au cycle du temps. Et le début de soirée, aux environs de 18h jusqu’à environ 22h correspond à une prédominance du dosha Kapha, qui induit une inertie ainsi qu’une lourdeur propices à l’endormissement (c’est le fameux « train » du sommeil).

A l’inverse, un sommeil entamé tard dans la nuit, favorisera des difficultés d’endormissement et un repos de moindre qualité. A cela il faut ajouter que, contrairement à une croyance répandue, la grasse matinée ne permet pas de « rattraper » les heures de sommeil perdues, mais favorise au contraire une lourdeur au réveil qui entretient le cycle vicieux de la fatigue. En vous couchant tôt, et en vous levant tôt, vous favoriserez un sommeil réparateur et plus régénérant.

La notion de fatigue est subjective. Mais il est important, si cette fatigue affecte votre mode de vie, que vous puissiez en rendre compte à votre équipe soignante afin qu’elle soit prise en charge du mieux possible. Pour ce faire, un journal dans lequel vous noterez vous-même de 0 à 10 votre niveau d’énergie, votre aptitude aux activités journalières habituelles et votre qualité de vie en général peut s’avérer utile pour décrire la fatigue, la repérer, et sensibiliser vos praticiens à cet aspect de votre quotidien.

Si vous désirez être aidée pour améliorer votre qualité de vie, sachez que je propose un suivi en nutrition et hygiène de vie ayurvédiques pour vous guider.

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Cet article ne constitue pas un avis médical. Si vous avez une question de nature médicale ou un symptôme d’une maladie, vous devriez consulter un médecin. Les renseignements ci-dessus sont communiqués uniquement à des fins d’information.
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